La retouche vous a appris l'outil, pas encore le dessin
Un retoucheur arrive avec de vrais acquis. Les
calques d'abord : toute la peinture numérique repose sur eux, puisqu'ils séparent le fond, le personnage et la lumière, et permettent de reprendre chaque élément sans abîmer le reste. Les masques et les modes de fusion resservent aussi, par exemple une ombre posée en mode Produit ou un éclat de lumière en mode Superposition. La pipette, la sélection, l'historique : rien de nouveau.
Ce qui manque, c'est d'abord
le dessin lui-même : construire une forme, placer les valeurs, savoir d'où vient la lumière. Aucun filtre ne le remplace. D'où l'intérêt d'apprendre dans l'ordre plutôt que de bricoler entre deux vidéos :
la formation digital painting d'Apprendre à Dessiner suit ce principe, avec une
méthode dite non destructive construite autour des calques, sur Photoshop ou Krita. Elle part aussi d'un constat honnête : mieux vaut savoir dessiner avant de s'y mettre.
L'autre manque concerne
les brosses : leur forme, leur texture, leur réaction à la pression. En retouche, on les règle peu. En peinture, elles font presque tout le rendu. Quant aux générateurs « photo vers peinture », ils produisent un effet, pas une compétence.
Quel logiciel de peinture numérique choisir pour commencer ?
Deux familles coexistent. Les logiciels de retouche qui savent peindre, comme Photoshop ou GIMP, laissent dans un environnement connu, mais il faut régler les brosses et la sensibilité du stylet avant d'obtenir un trait vivant. Les logiciels pensés pour peindre, comme Krita ou Procreate, proposent d'emblée des pinceaux qui imitent la gouache, l'huile ou le crayon, et une interface tournée vers le geste.
| Logiciel | Famille | Plateformes | Licence (sites officiels) | Pour qui |
|---|
| Photoshop | Retouche qui sait peindre | Ordinateur, mobile, web | Seulement par abonnement Creative Cloud | Ceux qui l'utilisent déjà pour leurs photos |
| GIMP | Retouche qui sait peindre | Windows, macOS, Linux | Logiciel libre et gratuit | Petit budget, habitués de GIMP |
| Krita | Pensé pour peindre | Windows, macOS, Linux, Android (pas d'iPad) | Gratuit et open source, licence GNU GPL | Débuter sur ordinateur sans rien payer |
| Procreate | Pensé pour peindre | iPad seulement | Achat sur l'App Store, sans abonnement | Propriétaires d'un iPad et d'un stylet compatible |
Notre avis : si vous retouchez déjà sous Photoshop, restez-y pour vos premiers essais, changer d'outil et de pratique en même temps décourage vite. Si vous partez de zéro sur ordinateur,
Krita est le choix le plus direct. GIMP dépanne, mais ce n'est pas là qu'on prend le plus de plaisir à peindre.
Tablette graphique et stylet : là où tout change
La souris suffit pour la retouche. Pour le dessin numérique, beaucoup moins. Un
stylet transmet
la pression et, sur de nombreux modèles, l'inclinaison : appuyer plus fort élargit le trait ou le rend plus opaque, comme avec un vrai pinceau. C'est ce qui donne de la vie à une touche.
Côté matériel, on peut dessiner sur une tablette sans écran en regardant le moniteur, sur une tablette à écran directement sur l'image, ou sur un iPad avec Procreate. La tablette sans écran demande quelques jours d'adaptation, puis on n'y pense plus. Pour apprendre, elle suffit largement.
Un premier exercice : repeindre l'une de vos photos
Pour faire le pont avec la retouche, prenez une photo à vous, un paysage simple ou un objet bien éclairé. Ouvrez-la, ajoutez un calque vide au-dessus et peignez les grandes masses de couleur avec une brosse large, sans aucun détail. Baissez ensuite l'opacité de la photo, puis masquez-la complètement.
Ce qui reste dit où vous en êtes. Si les formes tiennent seules, le dessin suit. Si tout s'effondre sans la photo, il faut travailler la construction et les valeurs. C'est normal à ce stade, et c'est même le meilleur point de départ.
Et maintenant, la toile vide
La retouche photo donne une vraie avance sur l'outil, rarement sur le dessin. Un logiciel qui ne bouscule pas vos habitudes, un stylet, puis des séances entières à peindre sans photo dessous : c'est souvent à ce moment-là que la peinture numérique devient un plaisir plutôt qu'une manipulation.